Publié : 25 octobre 2017
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Depuis quelques jours s’abat une pluie d’allégations de gestes indécents, d’adressions sexuelles et de viols commis par des personnalités publiques Québécoises et Américaines.

Plusieurs employés et vedettes du show business prennent la parole sur les réseaux sociaux avec le mouvement #MeToo pour signaler ces agissements destructeurs. Cet élan de dénonciation, de solidarité peut-être pour certains suscite énormément de réactions : la colère, la tristesse, l’empathie, la culpabilité, la stupéfaction et l’inconfort.

Mais l’impuissance demeure l’émotion qui me rejoint le plus parmi tant de possibilités.
Pourquoi n’arrive-t-on pas à se respecter mutuellement dans nos limites physiques, personnelles et nos limites intimes ?

Pourquoi faut-il un mouvement si fort pour nous donner le courage de discuter de l’indiscutable? Parce que les sentiments de vulnérabilité et d’impuissance sèment le doute, la confusion.

Pour reprendre les mots de Patrick Lagacé dans sa dernière chronique SANS #MOIAUSSI… publiée par La Presse, « Ce n’est pas un hasard : There is safety in numbers […] Il n’y a de sécurité qu’en groupe » alors voilà que les commentaires déferlent les uns après les autres pour dénoncer l’inacceptable, homme ou femme.

Ces sorties publiques soulèvent d’abord des questionnements émotifs, mais comme société, on doit s’en tenir à la loi, aux faits et faire abstraction du ressenti. La loi cherche à tirer une conclusion en établissant « la différence entre un flirt agressif, un comportement déplacé et du harcèlement sexuel » (Source : Harcèlement ou comportement déplacé : que dit la loi ? publié par Radio-Canada le mercredi 18 octobre 2017)

Mais le consentement ne découle-t-il pas pourtant d’un ressenti ? Alors ne devrions-nous pas le prendre en considération ?

Dans cette foulée d’aveux, quel est notre rôle ?

Spectateur :
Si vous n’êtes pas concernés directement, il est possible de demeurer sensibles aux témoignages tout en favorisant la neutralité. Ce regroupement commun entre les hommes et les femmes est « beau » à observer, il faut donc objectiver la situation pour éviter que le mouvement s’essouffle par des généralisations et des conclusions hâtives. N’hésitez pas à vous afficher en soutien aux victimes de conduites sexuelles et à accompagner les membres de votre entourage qui saisissent l’opportunité pour se confier. Au besoin, référez-les aux ressources compétentes.

Participant :
Si vous sentez que votre participation à ce mouvement social de révocation fait partie intégrante d’un deuil que vous êtes prêts à vivre, prononcez-vous avec le hashtag #MeToo ou #MoiAussi au Québec. Soyez conscients que votre annonce peut créer de vives réactions autour de vous : apprendre qu’un proche a vécu un traumatisme semblable peut être un choc réel. Référez-vous aux professionnels (médecin, psychologue, hypnologue, ligne d’écoute, etc.) afin d’être soutenu dans les prochaines étapes de votre deuil, vous ressentirez possiblement le besoin d’être compris et écouté.

« Je ressentais la honte et la culpabilité qu’il aurait dû ressentir, mais que visiblement, il ne ressentait pas. » – Patricia Tulasne, victime en 1994
Intervenant :

Comme intervenant, il est important de faire front à ce mouvement, l’ignorer et faire comme s’il n’existait pas pourrait gravement envenimer le processus de deuil et de guérison pour les victimes qui prennent position, peut-être pour la première fois. Nous devons nous prononcer sans partie prix, sans jugements et se servir de notre réseau de professionnels pour bien accompagner les victimes et les agresseurs, quoique plusieurs ne le souhaitent pas. Il faut d’abord savoir qu’il y a bien souvent un #MeToo derrière tous (ou presque) les Ghomeshi, Weinstein, Salvail et Rozon de ce monde et nous rappeler qu’il faut travailler en prévention parce que « tout le monde le savait ».

Si vous êtes #MeToo, moi #JeSuisLà.

LISTE DE RESSOURCES :
Ligne téléphonique temporaire du SPVM 514-280-2079 (7h à 22h les jours de semaine)
Tel-Jeunes  1-800-263-2266
Tel-Aide 514 935-1101
Centre Info-Femmes  514-355-4529
Centre d’Aide aux Victimes d’Actes Criminels (CAVAC) 1-866-532-2822
Centre d’Aide et de Lutte Contre les Agressions à Caractère Sexuel (CALACS) 450-371-4222
Jeunesse J’écoute 1-800-668-6868
Psychologue de votre région
Etc.

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Myriam Saumure
Présidente et fondatrice
Fleur bleue, Soutien comportemental à domicile
Éducatrice spécialisée, experte en stratégies comportementales chez l’enfant
Tél : (514) 717-4051
Courriel : info@fleurbleue.ca
Page Facebook : https://www.facebook.com/fleurbleue.soutiencomportementaladomicile/?pnref=lhc