Publié : 02 juin 2017
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À chaque soir, il s’assoit dans la voiture, ouvre sa boîte à lunch et mange le reste des collations de sa journée. C’est à ce moment que nous échangeons sur sa journée.

Pour Thomas, être un camarade de classe est chose facile et agréable. Être un élève, ça, c’est plus compliqué. En surcharge, les efforts sont lourds et fatiguant. Thomas n’est pas le seul élève qui « rush » en classe, malheureusement, on en voit de plus en plus…

-Et puis ta journée?

-Bien.

-T’as joué au soccer à la récré?
-Oui et j’ai un ami qui a menti mais c’est correct, ç’pas grave!

-Ah oui? D’après toi Tom, pourquoi les gens mentent-ils?

-Je pense que c’est juste pour se sentir accepté. C’est pas grave. Ils mentent pour montrer qu’ils sont capables eux aussi ou qu’ils ont un beau ballon aussi. Ils mentent pour être cool, MAIS on le sait qu’ils mentent.
Alors c’est pas grave parce qu’ils ne sont pas méchants.

Euh, wow! Ça change du :
-Pis ta journée?
-Correct…
Ça change des petites conversations légères du type  « la préparation du souper/on fait les devoirs/on termine des courriels », qui animent nos fins de journée!

L’interprétation que je fais du commentaire de Thomas est celle-ci. Les enfants, ça peut mentir. Mentir, c’est pas grave. Ce qui est important est plutôt de soigner la détresse de par laquelle le comportement de mentir naît.

Les enfants mentent pour une raison, un objectif.

Si on considère ces raisons-là, en focussant sur l’écoute et la compréhension du besoin DERRIÈRE le mensonge, on a plus de chance d’offrir du soutien, de l’amour et de l’apaisement et ainsi contribuer au respect des limites de chacun et peut-être même à un choix de comportement à adopter différent.

Pour Thomas, se fâcher devant l’évidence du mensonge, se sentir blessé devant un tel comportement ou même ridiculiser son ami pour les mensonges qu’il aura pu dire n’est PAS l’option santé. Pour lui, l’empathie est LA réponse face à ces maladresses…

Je trouve ça beau en titi. Je trouve ça grand. Je suis remplie de fierté.

Et pis, en plein moment de contemplation devant un si grand enfant, je réalise qu’une fois arrivé à la maison, il ne vide pas sa boîte à lunch, laisse traîner son manteau et bronche à l’idée de s’installer à ses devoirs…..

Ça me rappelle, que sa force à lui, elle est émotionnelle, pas tant dans l’organisation! Et que pour ça, il reste Pictom! 😉
Ben coudonc!

 

-Isabelle Nantel, Pictom

www.pictom.ca