Publié : 10 février 2017
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Bon matin les parents !

C’est la semaine dernière que se tenait la semaine nationale de sensibilisation aux troubles alimentaires.

Vous le savez, je suis éducatrice spécialisée. J’ai toujours considéré que ma mission n’en tenait pas seulement à intervenir devant une situation problématique, mais aussi en prévention. C’est pourquoi je considère que mon rôle est d’informer les gens sur les sujets qui ne sont pas jolis, qui font mal ou qui font peur et qu’on essaie de taire publiquement.

Donc, j’ai eu envie de vous renseigner sur les troubles alimentaires. Par troubles alimentaires, j’inclus l’anorexie et la boulimie que la majorité d’entre vous connaît déjà, mais j’ajoute également l’hyperphagie et l’orthorexie. Certains troubles non-spécifiés existent également, mais ne seront pas abordés dans cet article.

J’imagine votre visage s’illuminer après tous ces termes, qui sont surement nouveaux dans votre registre. Je vais les définir pour vous permettre de les distinguer, mais d’abord, qu’est-ce qu’un trouble de comportement alimentaire ?

La Clinique BACA définit les troubles alimentaires comme «des habitudes et comportements problématiques et envahissants par rapport à la nourriture, l’image du corps et le poids. Ils peuvent être complexes et sévères et affectent généralement l’ensemble des différentes sphères de la vie de l’individu qui en souffre.»

 

 

L’anorexie : L’anorexie est une diète alimentaire très stricte et dangereuse. Parfois, certaines personnes n’ingurgitent strictement rien. La nourriture devient alors une phobie pour la plupart des personnes qui souffrent d’anorexie.

La boulimie : La boulimie est principalement caractérisée par des « orgies » alimentaires sans limites qui sont rapidement suivies d’un sentiment de honte et/ ou de culpabilité. À la suite de ces épisodes, les personnes boulimiques vont immédiatement tenter d’évacuer les calories qui viennent d’être ingérées. Elles vont généralement se servir de comportements compensatoires tels qu’une diète restrictive, un entrainement ou un exercice excessif pour reprendre le contrôle sur leur nutrition et leur poids. Plusieurs vont volontairement provoquer des vomissements ou utiliser les laxatifs à outrance.

L’hyperphagie et l’hyperphagie nocturne : L’hyperphagie correspond à une prise de nourriture de compulsive qui se manifeste sans comportements compensatoires (vomissements, prise de laxatifs, hyperactivité sportive ou autres). Certaines personnes reproduisent ces comportements de manière récurrente pendant la nuit. Il s’agit alors d’hyperphagie nocturne. Les personnes qui en souffrent font souvent de l’embonpoint.

L’orthorexie : L’orthorexie est reliée au sentiment de devoir contrôler chaque calorie ingéré, de manière à manger sainement, sans jamais laisser place à la spontanéité, à la souplesse ou aux plaisirs alimentaires. Ce comportement est une contrainte importante à l’alimentation de ceux qui se soumettent à cette pratique obsessionnelle. Tout est calculé.

Mais qui souffrent de ces troubles alimentaires ?

Les troubles alimentaires touchent des filles et des garçons de tout âge et de toutes les caractéristiques confondues (classes sociales, orientation sexuelle, culture, religion, etc.) mais les filles et les femmes représentent à elles seules 90% des statistiques (ANEB).

Au Québec seulement, c’est près de 30 000 femmes qui souffrent de troubles alimentaires sévères (Clinique BACA). Ce nombre augmente considérablement pour atteindre 100 000 filles et femmes lorsqu’on inclut les troubles de forme moins sévères ou épisodiques dans les statistiques (Douglas).

Pour plusieurs, les comportements restrictifs ou excessifs au niveau de l’alimentation débutent lorsque le corps de l’enfant se met à changer avec la puberté. Beaucoup de pré-adolescents et de pré-adolescentes ne veulent pas ou refusent catégoriquement de vivre ces changements corporels et développent un malaise profond vis-à-vis les modifications de leur corps.

Certaines études psychologiques identifient différents facteurs individuels, familiaux, environnementaux et socioculturels comme causes de cette maladie. On a qu’à penser aux standards de beauté irréalistes qui sont imposés très tôt dans la vie des enfants, filles et garçons confondus.

Mais quoi observer pour nous indiquer que quelqu’un souffre possiblement de troubles alimentaires ?

Généralement les personnes qui souffrent de troubles alimentaires vont demeurer discrètes et vont développer des « trucs » à l’abri des regards. On peut s’en rendre compte, par exemple si une personne pense ou parle constamment de son poids ou de son apparence physique avec insatisfaction, on peut observer aussi qu’elle mange peu ou jamais en présence d’autres personnes. Certains vont trier et couper les aliments dans leur assiette pour donner l’impression qu’une partie de la nourriture a été consommée ou, bien au contraire, tout engloutir et se retirer de table rapidement pour aller à la salle de bain. Le gain ou la perte de poids est également un indicatif à observer et à considérer chez une personne qu’on croit souffrir de troubles alimentaires.

Les statistiques démontrent que 60% des personnes souffrant de troubles alimentaires s’en sortiront définitivement, alors que 20% réussiront à reprendre un contrôle partiel de leurs habitudes alimentaires et 20% vivront avec ces comportements autodestructeurs toute leur vie.

Malheureusement, au Canada, on estime qu’entre 5% à 20 % des personnes atteintes d’anorexie ou de boulimie n’ont pas reçu d’aide spécialisée et en sont décédées à la suite de complications reliées à la maladie (Agence Tonik et Institut national de la nutrition).

Demandez de l’aide MAINTENANT !